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L’HISTOIRE D’UN BEBE ARC-EN-CIEL, quelle doula je peux être pour toi



L’histoire que je souhaite vous raconter prend ses racines en septembre 2013 lorsque j’ai mis au monde Lucie, un petit ange né sans vie. Mais cette histoire-là, je vous la raconterai plus tard. Lorsque je serais prête.

Aujourd’hui j’ai besoin de vous parler de la grossesse de Noémie, qui est arrivé dans notre monde en février 2015, il y a bientôt 7 ans. Pour ceux qui me connaissent vraiment bien, vous savez à quel point l’expression « bébé arc-en-ciel » m’irrite.

Je vais à contre-courant de cette espèce de mode, où il faut trouver un nom pour tout…et qui colle des étiquettes à tout va… mais cela aussi on en parlera plus tard.

Quoi qu’il en soit pour notre génération, et aux yeux de nombre de femmes, Noémie est un bébé « Arc-en-ciel » C’est-à-dire un bébé né après la perte d’un enfant.

Et c’est bien de cette grossesse-là dont je veux vous parler, celle qui suit l’impensable.

Quand ton ventre a porté la vie puis la mort, et que tu accueilles en ce monde un autre petit être.

Quand les angoisses te submergent car tu as vécu cet événement impensable, tu sais qu’il existe, et que si cela venait à se reproduire, tu le sais : tu ne te relèveras pas, pas une fois de plus.

Cette grossesse qui suit est très spéciale… chacun la vit comme il peut, et moi je l’ai vécue tout en retenue : ne pas trop se projeter, de pas trop se lier, surveiller chaque coup, et paniquer à chaque silence…mais en même temps un flot d’amour, et un besoin désespéré de sentir que je portais la vie, dans sa dimension la plus tangible…savoir que tout allait bien, mais sans savoir si vraiment tout allait bien se passer cette fois.

Je pleurais mon premier enfant perdu, mais aussi ma préparais à accueillir un second enfant… En moi il y avait 2 femmes bien distinctes : la mère en deuil et la future mère… Il y avait alors ce conflit permanent entre 3 émotions contradictoires : la joie, le chagrin, la peur… peu de place pour l’amour et l’épanouissement …

Je garde peu de souvenir de cette grossesse, à peine quelques photo mal cadrées… et un sentiment désagréable : je n’ai jamais aimé être enceinte, et chacun des « petits maux de grossesse » prenait une ampleur démesurée avec la dépression… je ne supportais rien, personne, je voulais juste qu’on m’efface, qu’on me foute la paix.

J’ai senti cette pression sociale constante : devoir être heureuse, être rayonnante, montrer son ventre rond me montrer reconnaissante de cette nouvelle chance…

Mais bordel : j’étais en miette, j’avais besoin qu’on m’écoute, qu’on m’accompagne, qu’on me soutienne, qu’on me laisse exprimer mes émotions pas qu’on me mette la pression !

Je parle ici des personnes que j’ai côtoyé souvent pendant cette grossesse, des amis, des connaissances… des personnes pas assez impliquées pour se rendre compte du mal qu’elles ont fait.

J’aurais tellement eu besoin d’une doula…

De la doula que je veux être, celle qui te tend la main, qui écoute tes silences, qui comprend que tu annule un rdv à la dernière minute car tu n’es pas assez forte pour socialiser.

Je veux être cette doula, qui au-delà des techniques à la mode, sait vraiment être là, qui discrètement t’amène à exprimer ce qui ne se dit pas… qui soulage ton cœur, et accueille tes larmes quand c’est trop dur.

Alors je ne serais peut-être pas celle qui te fera des ateliers, des masterclass, qui t’offrira une tonne de contenu…. Peut-être un jour…

Mais mon but là tout de suite, c’est te faire comprendre que prendre soin de ton cœur et tes émotions, t’aider à vivre les choses heureuses et moins heureuses au mieux, t’aider à faire face tout simplement, est tout aussi important que du contenu informatif.

Ta santé émotionnelle est tout aussi importante.

Mon histoire n’est pas celle de la mère parfaite qui a allaité longtemps, qui a porté, qui a créé du lien avec bébé, qui a rayonné…non non…

Mon histoire est celle d’une survivante… celle d’une mère qui a vécu le deuil, la dépression, et la solitude… mais qui a su se relever.

J’ai ce genre d’histoire qui amène cette force et cette volonté inébranlable de vivre et d’avancer.

Une volonté indéfectible d’aider, de soutenir, d’aimer à l’infini, toutes les femmes qui en auront besoin.

C’est la voie que j’ai choisi, pour toi, et pour le moi d’il y a 7 ans.

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